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Abbaye du Thoronet
L'abbaye fut d'abord fondée dans le vallon de Florièye, entre Tourtour et Flayosc, et ceci dès 1130. On ne sait qui invita les moines de Mazan à venir fonder une abbaye sur les terres de Tourtour, mais ils vinrent, et l'acte de naissance officiel porte la date du 14 avril 1136. Mireille Maurel, historienne de la chartreuse de la Verne, dans un article consacré à Florièye évoque la route de ces courageux moines cisterciens: "Du Vivarais en provence, combien longue et épuisante la route". Dans le vallon étroit et pauvre de Florièye, les moines élèvent des maisons de bois avant de dresser les premiers murs de l'abbaye. Puis, la décision est prise de déménager vers Le Thoronet; les raisons en sont toujours obscures; quelques pans de murs marquent encore l'emplacement de l'ancienne abbaye, au milieu de la végétation provençale, bientôt ce sera l'oubli. Cette abbaye ne sera pas oublié des abbés du Thoronet, ils prirent l'habitude d'aller se recueillir dans la chapelle de Notre-Dame-de-Florièye lors de leur intronisation; il fallait six bonnes heures pour parcourir la distance. C'est aux alentours de 1150 que les moines cisterciens commencent à défricher leur nouveau terroir. La nouvelle abbaye, abbaye du Thoronet était située près du village de Le thoronet. Ses bâtiments conventuels s’organisent autour d’un cloître aux solides arcatures. Toute l'harmonie de cet édifice, dépourvu de tout décor sculpté, repose sur le jeu des volumes architecturaux. Il est d’un style roman austère, très géométrique. A l’exception de la voûte « en palmier » de la salle capitulaire, la voûte en berceau est ici reine, de l’église au cellier en passant par le dortoir. Fortement endommagée par des remaniements intervenus au 18e siècle puis par les destructions révolutionnaires, l’abbaye a été progressivement rachetée par l’Etat à partir de 1854. Aujourd’hui relevée des ruines, elle a retrouvé son apparence d’origine grâce à d’importants travaux de restauration menés par Antoine-Henry Revoil et Jules Formigé. Les photographies ci-dessous ont été prises fin décembre 2005. Il avait beau toute la semaine, grand soleil et grand froid, mais quand on a décidé de faire 15 kilomètres pour aller visiter l'abbaye, le temps avait décidé de tourner...
En 1997, l'abbé était monsieur Folquet, un homme qui s'était rendu célèbre d'abord pour ses poésies, c'était un troubadour galant et renommé, puis par son fanatisme, en particulier par sa rigueur contre les Albigeois. Il était fils d'un marchand de Gênes, nommé Amphoux, fort riche. Au métier du commerce, le jeune Folquet préféra la gloire de la poésie. Il fut bien accueillie à Marseille qui fut le lieu de sa galanterie. En particulier il brûla d'amour pour la femme du Vicomte qui accordait en sa personne "la blancheur et l'incarnat de son teint". Il fut chassé, et se réfugia auprès de Guillaume VIII, seigneur de Montpellier qui avait épousé Eudoxie, fille de Manuel, empereur de Constantinople. Elle l'accueillit avec bonté et lui fit oublier son serment de renoncer à la poésie.A la mort de ses protecteurs, saisie d'une profonde mélancolie, il changea sa vie. dans une pièce qui parait être le dernier fruit de sa verve, il confesse ses péchés énormes, implorant la miséricorde de Dieu "à genoux, les mains jointes, et versant des larmes qui coulaient de son cœur sur son visage". Il détermina sa femme à se faire religieuse dans l'abbaye de la Celle, et prit lui même l'habit de religieux, avec ses deux fils, dans l'abbaye du Thoronet. Il devint évèque de Toulouse en 1205.
La règle cistercienne était extrêmement sévère pour ceux qui la choisissaient. Vêtus de la coule de laine blanche, tonsurés, leur vie austère se partageait entre les offices, la prière, les travaux domestiques et le jardinage. Ils ont droit à deux repas par jour (pain et légumes), pris en silence. Un seul en temps de carême. couchés à dix-neuf heures, ils se lèvent pour chanter les laudes à quatre heures, après avoir assisté à un office à minuit.
Les moines ne furent sans doute jamais plus d'une vingtaine; les convers, les frères barbus à la robe brune, ouvriers et cultivateurs non soumis à la même règle, étaient plus nombreux.
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